On leur promettait l'enfer. Dans la fournaise de Karaiskakis Stadium, les Verts, héroïques d'un bout à l'autre, ont ajouté une nouvelle ligne à leurs exploits européens. En dominant l'Olympiacos chez lui, l'ASSE a pris une bonne option pour les 8èmes de finale. Match retour, le jeudi 26 février, au stade Geoffroy-Guichard.
Les Verts y étaient. Dans une ambiance surchauffée, voire survoltée, le Georgios-Karaiskakis Stadium et ses 35000 passionnés était bien la fournaise annoncée. Après avoir victorieusement négocié les phases de poule (4 victoires et 2 nuls), l'ASSE s'attaquait aux choses sérieuses de la Coupe UEFA face à un adversaire taillé pour la Champions' League. Le défi stéphanois était immense mais n'occultait pas la priorité absolue donnée au championnat. Mais, cette parenthèse provisoirement refermée, les Verts avaient là l'occasion de se sublimer face à l'Olympiacos, seul au monde en Grèce et déjà quasi sacré champion, qui avait clairement affiché ses ambitions continentales.
Ilan, buteur né
Dans une organisation qui avait réservé une seule surprise – Gomis avait été laissé sur le banc – et une permutation en défense, - Dabo à droite et Varrault à gauche - , les Verts étaient vite dans le bain grec. Sur un long coup franc de Djordjevic, Torosidis tacla le ballon au fond des filets stéphanois mais l'arbitre annula le but pour une position de hors-jeu justifiée (3e). Mais, l'ASSE ne se laissait pas impressionner par la pression athénienne. Un joli mouvement Payet-Ilan fut terminé par une frappe trop aérienne de Dernis (9e). Si les Grecs poussaient, les Stéphanois ne s'affolaient pas. Mieux que ça, ils touchaient au but. Machado raffuta un mauvais renvoi de Domi. Ilan, en embuscade, en profita pour glisser le ballon hors de portée de Nikopolidis (11e).
Les Verts bien dans le coup
Galvanisés par ce scénario idéal, les Verts se sentaient pousser des ailes. Une frappe croisée de Mirallas fit se coucher Nikopolidis (13e). Trente secondes plus tard, le gardien grec repoussa une frappe violente de Dernis et Ilan, toujours à l'affut, croisa trop sa frappe. Face à une équipe stéphanoise qui quadrillait parfaitement le terrain, l'Olympiacos avait bien des difficultés à s'approcher du but stéphanois. La faute à des Verts mordants et entreprenants.
Dernis, la malice
Payet accéléra mais écrasa trop sa frappe (26e). L'Olympiacos répliqua timidement. Une sortie périlleuse mais décisive de Janot barra la route à Diogo (27e). Pas de quoi refroidir les ardeurs stéphanoises. Payet percuta encore, centra pour Ilan qui manqua le ballon de quelques cheveux (32e). En revanche, le crane rasé de Djordjevic catapulta fort le ballon mais bien au-dessus. En bonne position, Galleti croisa trop sa frappe (41e). Les Verts pouvaient souffler et repartaient de plus belle. Sur un contre de Mirallas dont la frappe fut contrée, Dernis se décala, et exécuta une frappe du gauche qui fit trembler les filets grecs (43e). Ce but couronnait une première mi-temps de toute beauté.
L'Olympiacos sonne la révolte
Au retour des vestiaires, Alain Perrin renouvela ses batteries offensives en lançant Gomis. L'ASSE repartait sur les mêmes bonnes bases. En face, l'Olympiacos ne ménageait pas les coups. En revanche, quand les Grecs pensaient à jouer, ils devenaient menaçants. Une frappe de Galletti sonna la révolte (53e). Puis, deux coups de tête de Dudu firent passer des sueurs froides à la défense stéphanoise : sur la première, Janot s'envola pour claquer le ballon en corner tandis que la seconde alla mourir au ras du montant droit (55e).
Djorjevic sur pénalty
La pression grecque, certes contrariée par une reprise opportuniste de Gomis, était de plus en plus forte. Au second poteau, Antzas jaillit au second poteau mais ne cadra pas son coup de tête (60e). A force de pousser, l'Olympiacos était récompensé, certes aidé par la complicité de l'arbitre. Si la faute de Varrault sur Patsatzoglou était bien réelle, elle se situa à l'extérieur de la surface de réparation. M. Cardoso en décida autrement et désigna le point de penalty que Djorjevic convertit d'un parfait contre-pied (62e).
Les Verts s'accrochent
Cette réduction du score eut le mérite de remettre l'ASSE dans le bon sens. Très en jambe, Payet s'accrocha, accéléra mais frappa au-dessus (72e). La bataille était toujours aussi rude. Victime d'un essuyage de crampons sur la cuisse, Tavlaridis fut contraint de quitter le terrain avant tout le monde. Dans le jeu, les Grecs reprenaient vite les initiatives mais les Stéphanois continuaient à s'accrocher, à batailler ferme. Une tête de Dudu fut trop aérienne (82e). Les dernières minutes étaient bouillantes. Une reprise de Diogo fut contrée in extremis (86e).
Gomis couronne l'exploit
Et comme dans un rêve, les Stéphanois bouclèrent ce match aller par un troisième but plein d'opportuniste. La frappe puissante et déviée de Gomis trompa Nikopolidis. Dans l'enfer du stade Karaikakis, l'ASSE a écrit une nouvelle ligne à ses glorieux exploits européens.
Coupe UEFA
16ème de finale aller
A Athènes, Georgios-Karaiskakis Stadium, 35000 spectateurs
Score à la mi-temps : 0-2
Arbitre : M. Cardoso Batista
Buts : Djordjevic (sp 62e) pour l'Olympiacos, Ilan (11e), Dernis (43e), Gomis (91e) pour l'ASSE
Avertissements : Papadoupoulos (24e), Diogo (79e), Dudu (85e) pour l'Olympiacos, Tavlaridis (6e), Machado (29e), Dabo (74e) pour l'ASSE
Olympiacos : Nikopolidis, Torosidis, Antzaz, Papadopoulos (puis Zewlakow 46e), Domi, Dudu, Patsatzoglou, Djordjevic (cap) (puis Oscar 76e), Belluschi, Galleti (puis Derbyshire 64e), Diogo. Entr : Valverde
ASSE : Janot, Varrault, Bayal, Tavlaridis (puis Benalouane 745), Dabo, Matuidi (cap), Machado, Mirallas, Ilan (puis Gomis 46e), Payet, Dernis (puis Hautcoeur 54e). Entr : Perrin